On n'arrête pas le progrès

On n’arrête pas le progrès.
Une phrase souvent tournée en dérision mais présente en nous chaque fois que la technologie nous surprend. C’est à dire de plus en plus souvent.

Intelligence artificielle, voitures autonomes, ordinateurs quantiques… La course à l’innovation est lancée depuis plusieurs centaines de milliers d’années mais elle a pris un tout autre tournant depuis soixante ans. Elle ressemble de plus en plus à un 100m rallongé à l’infini, chaque percée technique rendant l’effort précédent (sur lequel elle s’appuie!) obsolète avant même de nous avoir offert ses fruits. 

Prenons l’exemple des imprimantes 3D. Il y a un peu plus de 2 ans, je m’étais dit que cette innovation allait changer le monde dans lequel nous vivons. Je le pense toujours. Seulement ce matin, en faisant le tour de mes sources favorites, je suis tombé sur cet article de Scientific American : « Oubliez tout ce que vous savez sur l’imprimante 3D, le « Replicator » est arrivé ».

En parcourant l’article, j’eu une pensée émue pour toutes ces personnes qui partagent ma vision de l’imprimerie 3D, mais qui en plus de cela, se sont investit corps et âme et portefeuille dans cette technologie potentiellement déjà dépassée… Puis mon cerveau fit un bond vers la théorie (certes, hasardeuse) de Terrence Mckenna, la TimeWave Zero.

De façon plus pragmatique, je suis convaincu que la cadence actuelle d’innovation permettra à de moins en moins d’investisseurs de récupérer leur mise. La création puis la destruction des emplois et les douleurs sociales engendrées vont inévitablement s’accélérer avec elle. En d’autres termes, de moins en moins de gagnants, de plus en plus de perdants et de plus en plus fréquemment… 

L’éducation et la discipline sont les principaux facteurs qui pourront nous sortir de ce cercle vicieux. Si un changement doit s’opérer, ce n’est pas au niveau du « système ». Celui-ci me semble sincèrement être la moins mauvaise option que nous ayons en magasin (ce qui n’empêche pas de l’améliorer en l’ajustant continuellement).

Selon moi, la différence se fera au niveau de l’individu. Si l’on se sent parfois insignifiants face aux dynamiques qui nous entourent, c’est parce que nous oublions trop rapidement que l’ensemble de nos actes nourrissent et guident ces dynamiques.

Alors nous pouvons continuer de nous plaindre de l’attitude de notre voisin pour nous donner bonne conscience vis à vis de nos inactions ou nous pouvons prendre nos responsabilités en main et mettre notre énergie au service d’une seule cause : faire en sorte que le monde dans lequel nous sommes né sera en meilleur état lorsque nous le quitterons. De là peuvent alors découler des changements que personne ne peut encore imaginer. Tout simplement car cela n’a jamais été fait dans l’histoire de l’Humanité. Pourquoi pas aujourd’hui ?

Thomas Vinet-Payot